Lumière

– Hey, dis, ils sont combien là-dedans ?
– Je ne sais pas. Tu veux venir voir ?
– Allez
… [le type 1 rentre dans la tête du type 2]
– Dis donc, il fait vachement noir. Comment tu fais pour t’y retrouver ?
– C’est ça le truc, des fois je ne m’y retrouve pas. Mais rassure toi, ce n’est pas toujours noir.
– Ah tiens justement… De la lumière. Ah oui… effectivement il y a du monde… C’est qui la femme en robe rouge ?
– Ah ça… Tu ne préfères pas le savoir. C’est pour les moments… Euh… Un peu… Bref, tu vois ce que je veux dire.
– Ouai… Dis moi pas.
– Il n’y aurait pas un mec en costard vert ?
– Euh… Ah si, là bas ! Je le vois, il est accoudé au bar.
– Ca ne m’étonne qu’à moitié.
– C’est qui ce type ?
– Tu peux me rendre un service ?
– Ca dépend. Dis toujours. Mais fait vite, j’étouffe un peu. Et puis, ce n’est pas chez moi, je n’aimerais pas rester coincer, tu vois.
– Ok… Est-ce que tu pourrais lui casser la gueule ?
– Quoi ?
– Lui casser la gueule. Le mettre ko, une bonne fois pour toute ?
– T’es sur ? Ca ne va pas tout faire griller ?
– Il y aura bien d’autres neurones pour refaire les connexions.
– Et si c’est l’ingénieur du son ? ou l’administrateur général ? Ou quelqu’un d’important quoi, tu y as pensé ?
– C’est un putain d’alcoolique. Alors, ingénieur ou directeur de mes couilles, j’en ai rien à carrer. Il n’a plus rien à foutre là. Tout le monde s’en portera mieux sans ce type.
– Mais c’est pas toi ce type ?
– La ferme. T’es pas là pour penser dans ma tête. Et ce n’est pas toi qui disais qu’on était plusieurs ? Si j’en balance un par-dessus bord, il en restera bien assez pour faire tourner le bordel.
– C’est pas faux. Ca se tient comme logique.
– C’est ce que je dis, allez.
– Bon, si tu y tiens, c’est parti mon kiki.
Euh… attend… Je fais comment, moi, pour lui casser la gueule ?
– Comment ça, tu fais comment ?
– Ben, comment, quoi ? Qu’est-ce que je fais concrètement ?
– Ben, un coup dans sa tronche, un coup dans son bide ou dans ses testicules d’alcoolique dégarni.
– Et s’il fait du karaté le gars ?
– Je n’ai jamais fait de karaté, arrête tes conneries. Et puis il ne tient surement pas debout. Allez, bing, ko !
silence
– Alors ?
– Ben ça y est, je l’ai mis ko. Il ne bouge plus. Ah, il y a même des types qui viennent le ramasser tient.
– C’est qui ces types ?
– Je n’ai pas eu le temps de leur demander, ils sont déjà partis. Bon, je ne vais pas m’éterniser…
Madame…
Elle ne répond même pas ta gonzesse.
– Elle n’a pas l’option parole
– Ah, d’accord…
Allez, je sors….
Pfiou… ça fait du bien de respirer de l’air.
– Et ben je suis bien content, merci, t’es un vrai pote. Des fois, avec les problèmes, il faut prendre le taureau par les cornes.

– Les amis, ça sert à quoi sinon… On va fêter ça ? Je te paie une bière.
– …
– Euh, ah non désolé…. Paix à son âme. Putain fait chier, j’en étais sur que c’était une connerie de le virer ce gars là !
– Ce que te propose, la prochaine fois, je te rends la pareille : je vais explorer ton trou du cul ?
– … Ouai mais là, pour le coup, c’est sur, il n’y aura pas de lumière.
– Ce n’est pas grave, j’apporterai une torche.

 

Yolande Bertrand
Écrits spontanés

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